Le son d'une contrebasse résonne dans mes oreilles, dans une réminiscence glauque, blues, un artiste promenant ses doigts sur les nerfs de son manche, pinçant les cordes une par une. Triste, lent. Blues.
C'est tranquille.
Et une rue déserte de New York. Années 50, chapeau de feutre, un vieux pianiste en imper sort du club, jette son mégot, une bouteille de whisky dans la poche, pousse un soupire, range son journal et s'embarque sous les trombes d'eau. Il doit s'appeler Bill, Miles, Oscar. Ou Zak. C'est la nuit, bien sûr. Il a la voix grave et intime, fait rouler les syllabes et parle peu, doucement, comme un sourire et plus rien.
Chuchote, comme la cymbale qui donne le pas aux vibrations pinçantes et douçâtres de cette satanée contrebasse.
D'humeur jazzy.
Mélancolie Blues.